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Thèses soutenues

Alain Malherbe

Mathieu Strale

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Bruxelles (IGEAT-ULB)

La logistique : localisation des activités et impacts territoriaux

Informations générales

Prénom : Mathieu Nom : Strale
Calendrier : Courriel : mstrale@ulb.ac.be
 

Comité d'encadrement :
Christian Vandermotten
Marie-Françoise Godart


Description du projet :

L’activité logistique, c’est-à-dire l’encadrement et la prise en charge des échanges de marchandises entre les acteurs économiques, connait un essor récent, dans le cadre de la flexibilisation et l’internationalisation de l’économie, menant à son autonomisation économique et géographique. Dans ce contexte, les pouvoirs publics cherchent à encadrer ses impacts territoriaux et à promouvoir son développement, afin de créer de l’activité et de l’emploi.

Cette thèse cherche à identifier et comprendre la géographie de ce secteur pour ensuite en analyser les impacts territoriaux, au regard de la politique publique en Europe. Notre analyse est organisée en trois étapes.

En premier lieu, nous étudions les facteurs de localisation des activités logistiques, en particulier des éléments statiques, entrepôts, établissements industriels ou centres de distribution, à l’échelle de l’Europe du Nord-Ouest. Pour cela, nous construisons une base de données de la localisation des établissements logistiques.

Deuxièmement, nous analysons les politiques menées par les différents niveaux de pouvoirs européens en matière de logistique, afin de comprendre leur articulation et de mettre en évidence les courants généraux qui s’en dégagent. Dans ce cadre, nous mobilisons les situations wallonnes et bruxelloises pour concrétiser et approfondir notre étude.

Ceci permet, dans un troisième temps, d’étudier les impacts territoriaux des activités logistiques en Europe, en mettant en évidence le rôle des pouvoirs publics ainsi que celui des attentes et choix d’implantations du secteur et les rapports de force se nouant entre ces acteurs. Le matériel mobilisé est issu des textes politiques, de la littérature scientifique et d’études de cas issues d’Europe et de Bruxelles et Wallonie en particulier.

Nos résultats mettent en évidence la proximité existant entre le développement de l’activité logistique et l’évolution de l’économie européenne. C’est la flexibilisation et l’intégration européenne de l’économie qui sont à l’origine de l’essor d’un secteur logistique ayant une existence propre. En retour, cette activité participe à la poursuite et l’intensification de l’organisation économique actuelle, en facilitant les échanges de biens entre acteurs économiques.

Dès lors, la localisation des activités logistiques correspond à cette recherche de flexibilité, au niveau de la situation ou des modalités d’implantation. Ce sont les espaces intermédiai-res, proches des centres et des axes et noeuds d’échanges qui sont privilégiés.

La prise en charge des enjeux territoriaux et les répercussions des décisions publiques en la matière témoignent de l’idéologie actuelle en matière d’économie et de développement territorial. L’essor de l’activité logistique a été permis et encouragé par la politique macroéconomique européenne. Dans ce cadre, la prise en charge de ses implications territoriales témoigne du privilège donné à la croissance, du secteur et de l’économie en général, selon les modalités politiques et économiques actuelles.

http://theses.ulb.ac.be/ETD-db/collection/available/ULBetd-05022013-114031/

Marie-Caroline Vandermeer

Valentine van Gameren

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Bruxelles(IGEAT-ULB)

L'adaptation au changement climatique: le rôle des propriétaires forestiers privés dans la filière forêt-bois

Informations générales

Prénom : Valentine Nom: Van Gameren
Thèse défendue le 11 juillet 2014 : Courriel : vvgamere@ulb.ac.be
 
Longtemps laissée pour compte dans les réponses au changement climatique, l’adaptation prend aujourd’hui tout son sens. Confrontées aux premiers impacts du changement climatique et aux projections de plus en plus alarmantes, les sociétés commencent à se questionner sur les possibilités d’ajuster leurs activités à ces modifications d’une rapidité sans précédent. Bien davantage qu’un processus technique, l’adaptation au changement climatique peut être considérée comme un phénomène social se déroulant en interaction avec de nombreuses autres évolutions sociétales. Cette thèse en sciences et gestion de l’environnement s’intéresse à la problématique de l’adaptation au changement climatique en Wallonie, dans le secteur de la foresterie et, en partie, de la filière bois. En s'appuyant sur les apports de la littérature théorique, l'auteur appréhende la pratique de l’adaptation de manière empirique, en se concentrant d’abord sur une catégorie spécifique d’acteurs de la gestion forestière : les propriétaires forestiers privés. Une enquête qualitative approfondie a permis d’identifier différentes formes d’intégration de l’adaptation au sein de la gestion forestière, concrétisées par diverses mesures sylvicoles. Ces analyses ont abouti à l’élaboration d’une typologie de profils de propriétaires forestiers en fonction de leurs modes d’action en matière d’adaptation. Grâce à ces premiers résultats, l'auteur a pu investiguer la capacité d’adaptation de ces acteurs forestiers, comprise comme l’aptitude à s’ajuster aux dommages ou opportunités du changement climatique. Plusieurs variables d’influence ont été identifiées, révélant la portée multifactorielle du concept de capacité d’adaptation. Ensuite, la focale de la recherche s’est élargie pour étudier les processus d’intégration de la question de l’adaptation au changement climatique à l’œuvre à d’autres niveaux de la filière forêt-bois wallonne. A travers une revue documentaire, des interviews et de l’observation non-participante, l'auteur a mené une analyse des représentations de la problématique de l’adaptation et des initiatives concrètes qui se mettent en place au sein de plusieurs organisations (administrations publiques, asbl de sensibilisation et de vulgarisation, instituts de formation, fédérations professionnelles et entreprises privées) de la gestion forestière et de la transformation du bois. Ce travail a révélé l’existence – ou l’absence – de différentes conceptions (cadrages) de l’adaptation selon les acteurs investigués, révélant des influences sur les possibilités d’options d’adaptation actuellement encouragées ou freinées. Ces apports  ont permis d’alimenter l'analyse de la capacité d’adaptation des propriétaires forestiers privés, montrant la pertinence de l'approche multi-scalaire. Finalement, les résultats de cette thèse amènent le lecteur et le décideur à s'interroger sur les diverses stratégies qui peuvent être associées à de l’adaptation au changement climatique, sur le « succès » des différentes trajectoires possibles et sur leurs dénominations qui sont loin d’être neutres (telle que la notion de « sans regret »).

Comité d'encadrement :

Edwin Zaccai - Promoteur de thèse (IGEAT-ULB-Directeur du Centre d’Etudes du Développement Durable)
Marie-Françoise Godart - Présidente du Comité (IGEAT-ULB-Directrice de l’Unité Gestion de l’Environnement, Société et Territoire)
Etienne Hannon (SPF Santé Publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement -DG Environnement-Service changements climatiques)
Julien Hoyaux (Attaché Agence wallonne de l’Air et du Climat-Climate adaptation policy advisor)
Alexandre Magnan (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales)
Sophie Némoz (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Charles De Cannière (Université Libre de Bruxelles)

La thèse est disponible en ligne (en accès limité selon les chapitres) sur le site Difusion de l’ULB.

Stéphanie Crabeck

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Bruxelles(IGEAT-ULB)


Logiques de la massification de l'offre touristique. Généalogie des hébergements de grande capacité en Wallonie.

Thèse de doctorat en Sciences, Ecole doctorale en Développement territorial
Soutenance : le 2 mai 2011

Membres du jury:
Marie-Françoise Godart et Jean-Michel Decroly

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Résumé

En français

Entre 1950 et 1980, la massification du tourisme s’est accompagnée d’une augmentation des capacités d’accueil et d’une transformation morphologique de l’immobilier touristique. En Wallonie, ce processus s’est exprimé par un écrémage des hébergements traditionnels (l’hôtellerie notamment) et par le développement en dehors des agglomérations d’éléments bâtis de grande capacité aux formes et aux matériaux les plus divers. Parmi ceux-ci figurent les établissements de tourisme social, les campings, les villages de vacances et les parcs résidentiels de week-end (lotissements de résidences secondaires).
Toutefois,  à côté de l’offre officiellement reconnue et recensée par les autorités publiques subsiste, dans une sorte d’invisibilité, un grand nombre d’infrastructures. S’y sont développées des morphologies hétéroclites et vernaculaires en totale illégalité vis-à-vis des normes et des réglementations en matière d’urbanisme, d’aménagement du territoire, de confort, voire d’hygiène et de sécurité. Cette situation, pour le moins chaotique et mal connue, interpelle car elle constitue un obstacle majeur à tout suivi, statistique notamment, et gêne les tentatives d’élaboration de politiques touristiques et territoriales. La thèse invite donc à la compréhension d’un phénomène particulièrement confus et conflictuel.
D’un point de vue méthodologique, la thèse se propose de parcourir les équipements d’hébergement en empruntant un chemin interdisciplinaire :

  • historique, allant des formes immobilières pionnières aux plus récentes ;
  • conceptuel, partant des définitions administratives classiques pour aller vers des concepts conçus à partir de la situation des équipements sur terrain, fortement marqués par les modes d’occupation ;
  • statistique,  progressant des données officielles vers l’estimation de la réalité ;
  • géographique, traversant différentes échelles territoriales ;
  • socio-politique, retraçant au sein d’un système politique et économique particulier, l’arrivée des différents acteurs producteurs ainsi que des différentes politiques sectorielles menées en matière d’hébergements, d’urbanisme et d’aménagement du territoire ;
  • et juridique, analysant les outils de droit, leur usage et leur adéquation aux réalités de terrain.
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Fabien De Smet

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Europe (Lepur-ULg)

Caractérisation des espaces périurbains: morphologie actuelle et prospective

Informations générales

Prénom : Fabian Nom : De Smet
Courriel fabian.desmet@skynet.be  
Soutenance : le 8 mars 2012

Membres du jury:

Pierre Leclercq, Professeur, Université de Liège (Président)
Jacques Teller, Chargé de cours, Université de Liège (Promoteur)
Claude Feltz, Professeur honoraire, Université de Liège, FUSAGx
François Golay, Professeur ordinaire, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
Jean-Marie Halleux, Chargé de cours, Université de Liège
Daniel Siret, Chercheur, HDR, Unité Mixte de Recherche CNRS 1563 "Ambiances architecturales et urbaines"

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Résumé
L’étalement urbain est un défi majeur pour nos territoires européens et plus spécifiquement belges. Il se concrétise par l’urbanisation massive de territoires périphériques de villes, appelés espaces périurbains. Cette urbanisation a des conséquences multiples, notamment en termes architecturaux et urbanistiques. Nous avons défini la forme périurbaine comme un état de l’évolution des espaces périurbains, formulé à partir de leurs composantes bâties et de leur organisation.
Dans ce contexte, l’objectif principal de cette thèse est l’amélioration de la connaissance de la forme périurbaine. En d’autres termes, il s’agit de contribuer à l’émergence d’un cadre de réflexion sur l’actualité et l’avenir morphologique des espaces périurbains. Pour nous, il s’agit d’un préalable indispensable à la gestion des caractères architecturaux et urbanistiques de ces espaces. Afin d’apporter notre contribution à la construction de ce cadre de réflexion, nous avons structuré notre démarche scientifique autour de trois objectifs plus spécifiques. Ceux-ci structurent cette thèse.
Le premier de ces objectifs est l’évaluation de la connaissance et de la reconnaissance des spécificités des espaces périurbains. Dans la première partie de cette thèse, nous nous sommes attaché à faire l’état de la connaissance des espaces périurbains et des concepts qui sont mobilisés pour les décrire. Ainsi, le second chapitre de notre dissertation dresse un bilan critique des connaissances relatives aux espaces périurbains. Dans le troisième chapitre, nous mettons en perspective le vocabulaire mobilisé dans leur description et leur gestion légale et opératoire.
Le second objectif de cette thèse est le développement d’un outil d’analyse des tissus bâtis périurbains. Ainsi, le quatrième chapitre de la dissertation porte plus spécifiquement sur les formes périurbaines et leur analyse. Nous y développons la méthode d’observation et d’analyse morphologique de l’espace périurbain que nous avons construite et testée sur l’espace périurbain liégeois. Nous en explicitons le développement et en commentons les résultats. Cette méthode nous a permis de construire une typologie des tissus bâtis périurbains et, ainsi, de proposer un cadre de caractérisation de la forme périurbaine.
Le troisième objectif est la proposition de scénarios prospectifs quant aux avenirs possibles de la forme périurbaine. Dans le cinquième chapitre de cette dissertation nous nous sommes intéressé à l’utilisation des résultats de la classification typologique à des fins de simulations prospectives. Sur base de ces résultats, nous avons construit des scénarios d’évolution potentielle de l’urbanisation périurbaine et de la forme périurbaine.

English abstract
Urban sprawl is a major challenge for European territories and in particular for Belgium. It is a process of massive urbanization in the peripheries of cities. Those spaces are qualified as periurban or suburban. This urbanization has many consequences, among which are architectural and urban evolutions. We have defined periurban form as a state of development of peri-urban areas, formulated from their built components and their organization.
In this frame, our main objective is to improve the knowledge of the periurban form. In other words, we aim to contribute to the emergence of a framework for thinking about the actuality and the future of periurban morphological characteristics. For us, it is an essential prerequisite to manage their architectural and urban character. To bring a contribution to this conceptual framework, we have structured our scientific approach upon three more specific objectives. Those objectives structure our thesis.
The first objective is the assessment of knowledge and recognition of the specificities of peri-urban areas. The second chapter of this dissertation is a critical review of knowledge of peri-urban areas. The third chapter is a study of the language used in their description and their legal and operational management.
The second objective of this thesis is to develop a tool to analyze morphological characteristics of periurban built fabrics. Chapter four of this dissertation focuses specifically on periurban forms and on their analysis. We built a method of observation and morphological analysis of periurban areas. We tested this method to analyze Liège periurban areas. We introduce its development and we comment its results. This method allowed us to construct an original typology of periurban built fabric and thus to propose a framework for characterizing the periurban form.
The third objective concerns proposal of scenarios about potential futures of the periurban form. In the fifth chapter of this dissertation we used the results of our typological classification in order to propose prospective simulations of the evolution of periurban form. On basis of our former results, we built scenarios of potential urban development and we simulated the evolution of the periurban form to which they lead.

Julie Denef

Emilie Droeven

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Europe (Lepur-ULg)

Paysages dans l'action, paysage en action(s). Développement territorial et processus de construction de projets locaux de paysages en Wallonie.

Informations générales

Prénom : Emilie Nom : Droeven
Courriel: emilie.droeven@ulg.ac.be  
Thèse de doctorat en Sciences agronomiques et Ingénierie biologique
Soutenance : le 21 septembre 2010 à Gembloux Agro-Bio Tech (ULg)
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Membres du jury:
Philippe LEJEUNE , Professeur, ULg-GxABT – Dpt Forêts, Nature et Paysage (président)
Claude FETLZ, Professeur ULg-Gx ABT- Dpt Forêts, Nature et Paysage (promoteur)
Grégory MAHY , Professeur, ULg-GxABT – Dpt Forêts, Nature et Paysage (secrétaire)
Yves LUGINBÜHL , Directeur de recherche émérite au CNRS, UMR Ladyss, Université Paris 1
Yves MICHELIN , Professeur, VetAgro Sup de Clermont-Ferrand – Dpt Agricultures et Espaces
Catherine MOUGENOT , Chef de travaux, ULg – Dpt des Sc. et Gestion de l’Environnement
Serge SCHMITZ , Professeur, ULg – Dpt des Sciences géographiques

Résumé

En français
L’institutionnalisation du paysage comme enjeu du développement territorial appelle de nouvelles pistes d’action et de recherche. Partant de l’hypothèse que la démarche de projet de paysage peut répondre favorablement aux nouveaux enjeux en la matière, la recherche constitue une analyse des processus de construction de projets locaux de paysage menés récemment en Wallonie (Belgique).
L’objectif de la recherche est d’analyser comment se construit l’action locale en matière de gestion des paysages, en élaborant un cadre de caractérisation et d’interprétation apte à rendre compte des processus observés.
Le parti de la recherche est d’interroger l’action paysagère « en train de se faire », dans sa mise en œuvre concrète. À travers une approche inductive, holistique, transdisciplinaire et qualitative, elle se base sur l’analyse de neuf cas d’étude (Parcs naturels, Groupes d’action locale, Contrats de rivière) disponibles en Wallonie. Elle mobilise, comme modes d’investigation, l’analyse documentaire, l’enquête par entretien d’acteurs (chargés de mission) et l’observation participante au cœur de l’action.
Quatre dimensions sont ainsi explorées, chacune amenant la chercheure à définir des critères de caractérisation et des catégories spécifiques : les contextes institutionnels d’émergence et d’élaboration des projets (acteurs impliqués et instruments d’action publique mobilisés), les actions menées au nom du paysage et les représentations sous-jacentes à l’action.
Ce faisant, la recherche relativise les contributions et montre les limites de la démarche de projet quant à la prise en charge des nouveaux défis en matière de paysage. En guise de conclusion, elle recadre les apports de la problématique paysagère au développement territorial et esquisse des perspectives d’action et de recherche encore à assumer pour que la question paysagère soit progressivement prise en charge.

En anglais
Landscape within the action, landscape in action(s). Territorial development and the processes of landscape project design on a local scale in Wallonia (Belgium).

The European Landscape Convention acknowledges landscape as a key element of territorial development, management and planning. At the same time there has been a rising public concern about landscape evolution and a strong social demand for high quality landscape.
In scientific and institutional spheres, as well as within civil society, this has resulted in a growing interest for the everyday landscape and an enlargement of landscape concerns to larger spaces. Consequently a diversification of actors, with an interest in the definition and implementation of the landscape policies, has taken place.
These evolutions in landscape concerns require land management and planning, thus permitting new action and research perspectives.
Considering that landscape projects can favourably respond to these evolutions, this research, conducted with the support of the Standing Conference on Territorial Development of the Walloon Region, investigates the processes of landscape project design on a local scale in Wallonia (Belgium).
The aim of the research is to analyze how action is being carried out in the context of landscape use. In order to do so, it develops a framework for characterizing and interpreting these observed processes.
The specificity of the research is to examine the practical implementation of on-going landscape action. Based on the empirical analysis of nine case studies, taking place in Wallonia (Nature Parks, Local Action Groups, River Contracts), the research takes the form of an inductive, holistic, transdisciplinary and qualitative approach. The methods of investigation are a literature review, a stakeholder interview (project coordinator) and participant observation.
The research emphasizes four dimensions of the landscape projects: rising and conception conditions (through actors and instruments of public action analysis), implemented actions and underlying social representations. Each enables the researcher to define characterization criteria and specific categories.
In doing so, the research relates project contributions and limits assuming new landscape management challenges. In conclusion, it reframes the contribution of the landscape issue to regional development and outlines prospects for further action and research.

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Sophie Hanson

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Europe (Lepur-ULg)

Entre Union européenne et Région wallonne: multiplicité des échelons de pouvoir et subsidiarité territoriale. 
Analyse de la subsidiarité territoriale au travers des directives Seveso, IPPC, responsabilité environnementale et de leurs mesures de transposition en Région wallonne.

Informations générales

Prénom : Sophie Nom : Hanson
Calendrier : Mars 2006 - Novembre 2011 Courriel sophie.hanson@cesrw.be
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http://hdl.handle.net/2268/104000

Comité d'encadrement :
Quentin Michel, chargé de cours en Sciences politiques (ULg)

De mars 2009 à 2011, la thèse s'est poursuivie sur fonds propres dans le cadre de l'Unité d'études européennes du département de Science politique de l’ULg.

Soutenance de Thèse 
Soutenance le  18 novembre 2011

Membres du jury

  • Quentin MICHEL(promoteur)
  • Michel Pâques (membre du comité de thèse)
  • Bernadette Merenne (membre du comité de thèse)
  • Charles-Hubert Born
  • Yves Hanin
     

Résumé
La Région wallonne s’inscrit dans un contexte organisationnel particulier. D’une part, elle constitue une composante d’un État membre de l’Union européenne. D’autre part, elle fait partie d’un État à structure fédérale comportant une entité fédérale, des entités fédérées et des collectivités locales (provinces, communes). Il est permis de s'interroger, dans ce contexte, sur la nature des relations que peut entretenir la Région wallonne avec les entités gravitant autour d’elle. Le principe de subsidiarité, dans sa fonction territoriale, peut constituer une clé de lecture dans la mesure où il est indissociable des systèmes institutionnels multi-niveaux. Il implique que ce soit l’échelon qui est le plus proche des citoyens qui soit privilégié afin de remplir une tâche. Si toutefois, il ne parvient pas à rencontrer un objectif déterminé, l’échelon supérieur peut intervenir s’il peut satisfaire ce dernier de manière plus efficace.   
La question centrale qui a guidé la recherche a donc été de savoir, au travers de l’exemple de la Région wallonne, si les rapports entre les échelons de pouvoir, de la commune à l’Union européenne s’effectuent en application du principe de subsidiarité, dans sa fonction territoriale. Trois directives européennes importantes ressortissant au domaine de l'environnement (Seveso, IPPC et responsabilité environnementale) ainsi que leurs mesures de transposition en Région wallonne ont été examinées à l'aune de ce principe.


Description du projet 
La Communauté européenne ne dispose pas de compétence directe en matière d’aménagement du territoire ; cependant, par le truchement de sa politique environnementale, elle peut y mettre le pied. En conséquence, les normes européennes influencent la réglementation wallonne dans ces domaines.

Au départ, la recherche doctorale visait à analyser les processus par lesquels les principes environnementaux européens (subsidiarité, intégration, pollueur-payeur, prévention, correction – par priorité à la source – des atteintes à l’environnement et précaution) étaient intégrés dans la réglementation wallonne. L’étude a été recentrée sur le seul principe de subsidiarité car il est le plus à même de répondre à la question du développement territorial dans le sens où il concerne la problématique de la localisation du pouvoir. Dès lors, l’objectif de la thèse consiste à examiner la mise en œuvre et l’intégration de ce principe au niveau européen et wallon.

Le principe de subsidiarité est un concept dont les multiples facettes se sont façonnées au gré de son évolution dans le droit primaire européen. Figurant d’abord de façon implicite dans les traités originaires, il revêtait une fonction de répartition des compétences entre Communautés et Etats membres. Explicité par l’Acte unique européen (1986) dans la partie consacrée à l’environnement puis généralisé à l’ensemble des politiques communautaires par le traité de Maastricht (1992), le principe devient régulateur de l’exercice des compétences. Plus précisément, il constitue le paramètre à considérer pour déterminer l’initiative de la Communauté dans le cadre des compétences concurrentes. Enfin, la possibilité laissée aux Etats membres de prendre des mesures de protection renforcée en matière d’environnement constitue également une représentation du principe de subsidiarité. Le but de la thèse est d’étudier la mise en œuvre de ces trois aspects de la subsidiarité grâce à l’analyse de directives environnementales européennes et de leur transposition en Wallonie. Parmi les directives choisies on peut citer la directive Seveso ou encore la directive 2004/35CE sur la responsabilité environnementale en ce qui concerne la prévention et la réparation des dommages environnementaux.

In fine , la problématique générale de la thèse peut être résumée par une question principale :comment le principe de subsidiarité est-il mis en œuvre au niveau européen et wallon ?

Afin d’y répondre, la démarche se déroule en deux temps :

  • L’étude et l’analyse du principe de subsidiarité (émergence conceptuelle, apparition et évolution en droit communautaire et dans la politique européenne de l’environnement) ;
  • L’analyse de l’application du principe de subsidiarité au travers de directives environnementales (Seveso, IPPC, responsabilité environnementale). Le principe y est étudié sous plusieurs facettes.

Enjeux

Le principe de subsidiarité pose la question de la localisation du pouvoir entre Union européenne et Etats membres mais aussi à l’intérieur de ces derniers. L’intérêt pour la Région wallonne d’une telle analyse est de voir comment le pouvoir qui est à sa disposition est réparti et quelle utilisation elle fait du principe de subsidiarité. L’analyse permet également d’identifier les cas où la Région a été plus sévère que le prescrit communautaire (dans l’application des obligations qui sont les siennes).

Par ailleurs, le principe de subsidiarité est en perpétuelle évolution, en témoignent les modifications quant à sa mise en œuvre introduites par le traité de Lisbonne signé en décembre 2007 et dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2009. Dans la mesure où ces changements concernent directement les Etats membres (et donc la Région wallonne), il est capital d’en analyser les conséquences.

Originalité de l'étude


  • Etude de l’évolution du principe de subsidiarité dans le droit primaire et dans la politique environnementale européenne ;
  • Analyse critique du principe de subsidiarité ;
  • Réflexions sur l’application concrète du principe de subsidiarité au travers de l’analyse de quelques directives environnementales ;
  • Etude de la transposition de ces directives en Région wallonne et identification des mesures de protection renforcée ;
  • Proposition sur les mesures de transposition, sur les mesures éventuelles de protection renforcée.

Stéphanie Quériat

Curriculum Vitae:

Académie Wallonie-Bruxelles (IGEAT-ULB)

La mise en tourisme de l'Ardenne belge (1850-1914).
Genèse et évolution d'un espace touristique. Processus, acteurs et territoires.

Informations générales

Prénom : Stéphanie Nom : Quériat
Courriel: squeriat@ulb.ac.be  

Soutenance : le 27 octobre 2010 (ULB)

 Présentation :  powerpoint en PDF

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Département: Faculté de philosophie et lettres - Histoire, Arts et Archéologie
Intitulé du diplôme: Doctorat en Histoire, art et archéologie

Membres du jury
Decroly, Jean-Michel (Membre du jury/Committee Member)
Godart, Marie-Françoise (Membre du jury/Committee Member)
Jaumain, Serge (Membre du jury/Committee Member)
Tissot, Laurent (Membre du jury/Committee Member)
Walton, John K. (Membre du jury/Committee Member)
Peeters, Christian (Président du jury/Committee Chair)
Billen, Claire (Promoteur/Director)

Résumé
Version courte en PDF
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Résumé

En français
Le tourisme en Ardenne au 19e siècle est un sujet trop vaste pour se laisser complètement appréhender en une seule thèse de doctorat : de trop nombreuses thématiques peuvent être abordées et lui être rattachées de près ou de loin. A l’une ou l’autre exception locale ou thermale près, aucune recherche systématique n’avait d’ailleurs encore été menée sur cet espace spécifique.

Ce travail s’est donc voulu une première pierre sur laquelle, nous l’espérons, des recherches ultérieures, relatives à l’Ardenne mais aussi à d’autres espaces, pourront venir s’appuyer mais aussi se confronter. Cette première pierre n’est cependant pas dénuée d’ambitions. Pour poser les fondements, il fallait tenir compte du système touristique dans son ensemble et l’attaquer sur plusieurs fronts : celui des représentations, de la perception, celui correspondant à la réalité plus physique du territoire, celui de ses acteurs et en particulier des touristes qui le pratiquent. C’est que nous avons tenté.
Les sources n’ont pas manqué, au contraire, bien que le tourisme en Belgique et en Ardenne ne se réfère à aucun cadre étatique à l’époque étudiée. Leur quantité et leur caractère épars témoignent de l’imbrication déjà profonde du tourisme, de ses pratiques, de ses acteurs, dans les domaines culturel, social, économique, scientifique ou politique.
Notre travail s’est prioritairement basé sur les ouvrages touristiques (guides touristiques, récits de voyage et leurs multiples combinaisons). Cette source incontournable a encore de nombreuses choses à apprendre au chercheur en histoire du tourisme qui est conscient de ses écueils, pour autant qu’il s’attache à la questionner de manière approfondie et avec des outils renouvelés. Nous avons trouvé ceux-ci dans la cartographie numérique, empruntée à la géographie. Elle a ici été employée de manière innovante et dynamique pour traduiredans l’espace les données présentes dans les sources et ainsi clarifier, illuminer les processus et les transformations qui s’opèrent au sein des espaces considérés.
Notre approche historique s’est donc nourrie d’autres disciplines pour aiguiser ses méthodes. Elle s’en est aussi inspirée pour structurer ce travail.
Le concept de mise en tourisme, créé par les géographes, exprime le passage, pour un territoire, d’un état non touristique vers un état touristique. Nous l’avons combiné, de manière souple, au concept d’artialisation, conçu par le philosophe Alain Roger. Celle-ci exprime, quant à elle, le passage pour un espace de l’état de territoire à celui de paysage, soit grâce aux modifications physiques opérées sur le territoire lui-même par divers acteurs – on parle alors d’artialisation in situ –, soit grâce aux transformations opérées dans (et par) le regard collectif posé sur cet espace et induites par des modèles ou des schèmes de perception – l’artialisation est alors dite « in visu ». L’intérêt des deux concepts résidait notamment dans la place particulièrement significative que chacun d’eux accorde aux acteurs.
Un cadre qui s’envisageait selon trois grands axes était ainsi donné à nos résultats : 

Le premier de ces axes est celui de la mise en tourisme in visu,qui correspond aux transformations opérées dans le regard collectif posé sur l’espace considéré, qui transforme cet espace en territoire touristique, à travers des modèles ou des schèmes de perception.
Nous y avons analysé l’origine de l’imaginaire associé à l’Ardenne, son contenu et son évolution ainsi que la construction de l’espace touristique ardennais comme un espace cohérent à travers les représentations et perceptions qui lui sont associées dans une série de médias (ouvrages touristiques, peintures, photographies, etc.).
Nous avons montré, dans cette partie, la convergence du regard posé progressivement dans le courant du 19e siècle sur l’espace ardennais par les différents acteurs de la sphère culturelle et scientifique. Cette convergence s’explique par l’existence de tout un réseau de sociabilités et d’échanges qui lie au quotidien les différents intervenants. Elle s’explique aussi par l’existence, d’une part, d’un contexte national préoccupé par le développement de son identité et, d’autre part, de courants esthétiques qui dépassent les frontières belges et modèlent profondément les perceptions du monde occidental.  
L’espace ardennais va faire ainsi l’objet à partir de cette période de multiples représentations qui vont nourrir de manière positive l’imaginaire qui lui est associé.
Nous avons également montré dans cette partie comment l’Ardenne se construit dans le champ touristique à partir du milieu du 19e siècle et acquiert une légitimité, un sens, grâce à l’action d’une poignée d’auteurs de la littérature touristique belge. Ce sont ces auteurs – que nous avons appelés les « Défricheurs » – qui, pour la première fois, vont rassembler dans leurs ouvrages sous l’appellation ardennaise une série de territoires du sud de notre pays. Certains ont déjà été parcourus par des touristes et les Défricheurs n’en sont donc pas les découvreurs. Leur innovation, guidée par la recherche du pittoresque, tient plutôt dans le territoire élargi – l’ensemble de la région située au sud du sillon Sambre et Meuse – qu’ils assimilent au label touristique ardennais, territoire qui se distingue nettement de ceux associés aux sens plus traditionnels de l’Ardenne ou à ceux qui sont définis dans le champ scientifique. Cette innovation est bien accueillie et progresse dans les représentations.
L’Ardenne touristique telle que la présentent les Défricheurs n’est ni monolithique ni homogène et son territoire évolue au cours de la période étudiée.
Ses limites sont au départ essentiellement définies par l’esthétique du pittoresque. Ce qui ne lui correspond pas est en très grande partie écarté. L’Ardenne touristique des années 1850 est donc surtout celle des vallées accidentées.
De nouveaux territoires lui sont progressivement intégrés au fil des années par les Défricheurs à travers cette esthétique mais aussi à travers celle, plus exigeante, du sublime. Une certaine volonté d’exhaustivité va également peu à peu intervenir. Les vides se comblent pour couvrir réellement à la veille de la première guerre mondiale l’ensemble ou presque des territoires situés au sud du sillon Sambre et Meuse.
Cette vision de l’Ardenne touristique défendue et diffusée par les auteurs belges ne trouve pas vraiment d’écho dans les guides des grandes collections avant l’extrême fin du 19e siècle. Celles-ci se concentrent avant tout, durant la période étudiée, sur les lieux les plus anciennement mis en tourisme et les plus accessibles. Elles restent soumises jusqu’à la veille de la première guerre mondiale à l’esthétique du pittoresque.

Le second axe choisi est celui de la mise en tourisme in situqui correspond aux modifications opérées de manière plus physique sur le territoire. Nous y avons privilégié une approche basée sur l’analyse approfondie des implantations hôtelières touristiques et de leurs exploitants, sur celle des curiosités touristiques et enfin, dans une moindre mesure de la résidence secondaire.
De manière générale, cette partie insiste sur le caractère progressif et l’ancrage local des infrastructures touristiques ardennaises qui contrastent avec la mise en tourisme in situ de la côte belge, réalisée à coup de projets de grande ampleur avec des capitaux extérieurs. Elle détecte aussi les signes d’une certaine accélération vers la fin du 19e et le début du 20e siècle qui annonce le passage vers une véritable économie du tourisme et un plus grand professionnalisme. Le rôle joué par les touristes dans l’ensemble de ces processus y est souligné.
La confrontation des trois cas étudiés permet aussi de mettre en évidence certaines différences en termes de chronologie et d’ampleur mais aussi d’identifier les connexions qui existent entre eux.
L’analyse relative aux hôtels a démontré l’existence sur le territoire ardennais d’un substrat hôtelier préalable au tourisme que celui-ci investira avant que de nouvelles structures soient créées spécialement. Le développement hôtelier se concentre essentiellement, durant la période étudiée, dans les territoires les plus anciennement mis en tourisme et plus particulièrement dans les grandes vallées pittoresques – c’est aussi le cas mais plus faiblement pour la résidence secondaire. Au fil du temps, des pôles s’y constituent qui ordonnent et hiérarchisent le territoire. La mise en tourisme in situ des territoires interstitiels contrastera toujours par contre par sa fragilité.
L’intérêt porté aux acteurs nous a également permis de démontrer le profil familial des exploitations ardennaises qui lui garantit de fait une certaine pérennité et répond aux attentes de touristes issus majoritairement de la bourgeoisie.
La mise en tourisme in situ des curiosités touristiques reste par contraste relativement rare durant la période étudiée et leur exploitation financière plus inhabituelle encore. Il faut attendre la fin du 19esiècle pour voir apparaître quelques changements dans cette économie occasionnelle.
Les cavités souterraines qui vont faire l’objet de projets commerciaux dès les années 1850 constituent une exception mais aussi le point de départ d’une économie plus raisonnée dans le domaine des curiosités. Leur rôle novateur, et plus particulièrement encore celui des grottes de Han, agira progressivement comme un stimulant.      

Le troisième axe correspond aux acteurs : ceux qui interviennent dans les processus décrits ci-dessus mais aussi et surtout les touristes. Nous nous sommes intéressée dans le dernier chapitre à leurs origines géographiques (majoritairement belges), à leur profil socio-économique (petite et moyenne bourgeoisie essentiellement), à leurs pratiques, etc. L’analyse de la source particulièrement exceptionnelle que constitue le livre d’or des grottes de Rochefort a notamment permis de mettre en évidence, aux côtés d’une sociabilité familiale classique, la présence en nombre de touristes (environ 30% des visiteurs de la grotte) venant par le biais de diverses associations créées dans le but d’encadrer les loisirs mais aussi de protéger et consolider les fondements de la nation. Elles constituent l’une des bases sur lequel s’appuie le tourisme en Ardenne mais aussi, pour certaines, les prémices d’un tourisme social.
Notre travail sur la mise en tourisme de l’Ardenne belge traduit donc davantage la génération du tourisme en Ardenne que son ancrage. Il s’attache à expliquer comment ce territoire devient progressivement synonyme d’espace touristique, d’espace culturel et de loisirs. Il en donne le sens.
Le processus se déploie dans un espace qui n’est vierge ni au niveau des représentations et des perceptions ni dans sa réalité plus physique. Bien que dotée d’un fil rouge, la génération du tourisme en Ardenne n’est pas linéaire. Elle apparaît pleine d’imbrications et des nuances importantes sont perceptibles à une échelle plus fine.
Le territoire touristique ardennais est un territoire hiérarchisé et qui démontre une certaine élasticité. Des différences significatives apparaissent entre l’espace de ses représentations et celui plus physique sur lequel prend pied une exploitation commerciale.
L’un des premiers enseignements généraux de cette recherche est que la mise en tourisme de l’Ardenne ne fait pas preuve d’une véritable originalité à l’échelle européenne.
L’Ardenne touristique n’est pas le territoire d’une invention qui va ensuite percoler chez d’autres. L’Ardenne est un territoire touristique qui profite dans le courant du 19e siècle des avancées faites au sein d’autres territoires touristiques plus anciens (comme la Suisse ou le Rhin). Les schèmes de perception – le pittoresque mais aussi le sublime – qui interviennent dans sa mise en œuvre, dans sa construction ont déjà été utilisés pour d’autres espaces et lui sont simplement appliqués. L’Ardenne éprouve d’ailleurs, tout au long de la période étudiée, quelques difficultés à affirmer son indépendance au niveau esthétique. Elle reste jusqu’à la veille de la première guerre mondiale un territoire touristique qui se définit par une comparaison avec les territoires européens les plus emblématiques.
A l’échelle de la Belgique, l’originalité semble pourtant bien plus importante.

L’Ardenne touristique se définit comme une émanation de la petite et moyenne bourgeoisie, une construction réalisée par et pour elle. C’est elle qui élabore son image à travers les représentations qui en sont données dans les différents médias étudiés. C’est elle aussi qui constitue la part la plus importante des touristes et qui suscite et encadre les déplacements de couches moins aisées de la population vers l’Ardenne. C’est elle, mais dans l’espace réceptif cette fois, qui, après de premiers échanges concluants avec les touristes, va développer les structures d’accueil et d’encadrement en symbiose avec leurs attentes.
L’idéal familial bourgeois s’observe d’ailleurs à plusieurs niveaux : dans la sociabilité des touristes qui parcourent le territoire ou y séjournent, dans le profil des exploitants des infrastructures d’accueil et dans l’adéquation entre les besoins des premiers et l’offre des seconds.
Notre travail a également démontré la politisation profonde de l’espace touristique ardennais, dès ses débuts. Le rôle directement joué par les autorités semble assez réduit mais leur influence apparaît en filigrane dans un contexte socio-politique fortement imprégné de patriotisme et de la mise en œuvre de l’identité nationale belge.
Els Witte rappelait que « la légitimation du nouvel Etat dépend avant tout de la présence de valeurs et de normes communes. Un schéma dominant apporte la cohésion socio-culturelle nécessaire et assure la formation d’une identité collective, qui se manifeste dans un sentiment national. L’enseignement, la langue, la religion, les arts, les rites et les symboles sont autant de canaux servant à véhiculer l’idéologie qui façonne la nation. » (1)
Le tourisme s’inscrit profondément dans cette perspective, au même titre que ces autres domaines culturels. Les acteurs les plus influents de la mise en tourisme in visu sont extrêmement proches des milieux politiques – et plus particulièrement du parti libéral – et souvent inscrits dans le projet national de construction de la nation. Leur occupation principale, qu’ils soient artistes, scientifiques, intellectuels, les place dès l’origine dans un cadre déjà fortement soumis à cette influence.
Cette politisation se discerne encore de manière fort importante dans l’utilisation paternaliste de l’espace touristique ardennais comme lieu d’éducation pour des populations moins favorisées.  
La place occupée par les femmes nous a également semblé suffisamment importante que pour nous y attarder. Leur influence dans la définition des représentations, dans la structuration in visu du territoire touristique ardennais est infime. La place qu’elles occupent dans la pratique du tourisme et dans la structuration in situ du territoire est par contre incontournable. Leur rôle se conçoit presque toujours dans le contexte du cercle familial. A l’exception des institutrices qui encadrent les groupes d’enfants en excursion ou des associations féminines qui poursuivent un objectif plus paternaliste, c’est en famille que les femmes se déplacent et elles le font en nombre important.
L’analyse poussée des acteurs de l’hôtellerie nous a également éclairé sur la place qu’elles occupent dans ce domaine. Souvent peu mise en exergue, comme c’est aussi le cas pour d’autres secteurs du commerce, leur influence est néanmoins extrêmement importante. C’est bien souvent sur les femmes que repose une bonne part du fonctionnement des infrastructures d’hébergement, tant pratique que financier.

Notre étude permet donc de mieux comprendre la genèse du tourisme en Ardenne, les liens profonds qui existent entre cette nouvelle activité et le territoire dans lequel elle s’insère. Elle lui donne un cadre spatial et explicite les processus actifs en son sein.
Elle permet également de mieux comprendre l’articulation et les différences entre le champ des représentations et celui des pratiques et de leurs infrastructures. Elle s’est intéressée de près aux acteurs de ces différentes sphères. A une autre échelle, elle éclaire une facette particulière de l’histoire de la Belgique.




(1) Witte E., « La construction de la Belgique. 1828-1847 », in DUMOULIN M., DUJARDIN V., GERARD E. et VAN DEN WIJNGAERT M. (Eds.), Nouvelle histoire de Belgique, vol. 1 : 1830-1905, Bruxelles, Ed. Complexe, 2005, p. 17.